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lundi 20 janvier 2014

Le Papapio du mois : Loris Falquet

Je viens d'apprécier un super week-end de ski avec la première vraie couche de poudreuse de cette saison ! Il neige actuellement jusqu'à 600 mètres d'altitude avec une température annoncée de -6 degrés à 2000 mètres. Un peu plus l'hiver comme on l'imagine... Nous parlons de neige, de montagne et de ski, ça tombe bien. Le Papapio du mois est un freerider vaudois qui adore pratiquer son art en Valais (d'ailleurs je l'ai croisé par hasard samedi aux Marécottes !) : Loris Falquet, détaché du duo Les Frères Falquet le temps de l'interview.

Photo de Loris Falquet et sa famille

Comme freerider vous cherchez cette sensation de liberté sur la neige en haute montagne et avec l'expérience, vous maîtrisez au mieux les risques pour justement ne pas en prendre inutilement. Est-ce que vous redoutez le moment où vos enfants souhaiteront faire comme vous ou les encouragerez-vous à apprécier les mêmes sensations ?
Loris : Oh que oui, je redoute ce moment ! En même temps je ne veux pas les brider. C’est sûr qu’avec l’exemple qu’ils ont à la maison, il y a de fortes chances qu’ils se mettent un jour à pratiquer le freeride. La chance qu’ils ont et que je n’ai pas eu, c’est que je pourrai partager mes connaissances avec eux. Plus que la sensation de liberté, j'aime surtout me sentir vivre pleinement - se mettre en danger, prendre des risques et se surpasser m’apporte cela. Je les inciterai toujours à vivre pleinement leur passion risquée ou non.

Votre accident lors d'un saut de barre rocheuse en janvier 2010 a dû vous marquer, vous et votre famille, mais vous êtes allé de l'avant et avez eu votre fille depuis. Aujourd'hui, vous êtes papa d'un garçon de 5 ans et d'une petite fille de 2 ans et demi. On a quand même tendance à être encore plus prudent en pensant à sa petite famille même si la fatalité y était pour beaucoup lors de cette réception sur un rocher. Y a-t-il un avant et un après 2010 ?
Loris : Oui il y a un avant et après 2010. Je suis de plus en plus prudent. Lors de mon accident j’ai vraiment senti qu’il s’en est fallu de peu pour que je reste assis dans une chaise le reste de ma vie. Je dois avouer que j’essaie de ne pas penser à ma famille lorsque je suis amené à gérer des situations dangereuses. Cela m’apporte un stress supplémentaire et ça devient ingérable pour moi et pour l’équipe de tournage.

D'ailleurs, quel est le bon âge pour mettre un enfant sur des skis et êtes-vous adepte du harnais d'apprentissage et/ou du try-ski ?
Loris : Mon fils a commencé à skier avec un harnais à 2 ans et 3 mois et il a toujours refusé le try-ski. Ma fille a commencé à 1 année et 8 mois… elle voulait faire comme son frère ;-). Aujourd’hui, elle adore ça et commence gentiment ses premières courbes au jardin des neiges. Sinon elle va tout droit avec le harnais !

Au sein de l'équipe Huck & Chuck, vous êtes Chuck, compagnon de Huck votre frère Nicolas. Vous avez beaucoup accompli depuis le début de vos projets communs. Arrivez-vous à vivre de ce travail grâce aux sponsors et aux camps que vous organisez ?
Loris : Nous sommes payés par nos sponsors pour être skieurs, ambassadeurs de la marque et réaliser des clips ou des films qu’ils peuvent à leur tour utiliser pour leurs promotions. Je dois quand même préciser que nous ne roulons pas sur l’or, bien au contraire. Si on continue ce boulot malgré les difficultés pour joindre les deux bouts, c’est que c’est avant tout une passion.

Il y a un gamin, Jérémie Heitz, qui "traînait" avec vous, qui a rejoint votre duo et a grandi en devenant un freerider confirmé avec des participations au Freeride World Tour et terminé 4ème du FWT 2013. Avez-vous prévu de renommer votre équipe en Huck and Chuck and Heitz ?
Loris : Oui et non ! Oui, parce que nous intégrons le plus possible Jérémie à notre projet Trip et que nous attendons de lui qu’il s’investisse un maximum dans le projet. Et non, parce que Nicolas et moi sommes tellement liés. Dans les médias on parle des frères Falquet, nous partageons les mêmes partenaires qui désirent communiquer sur la fratrie et que l’un comme l’autre, nous ne voyons pas l’intérêt de skier l’un sans l’autre. Nous arrêterons certainement notre carrière ensemble.

Loris Falquet, Freeskier & Producer

Un petit regard sur le passé qui draine passion d'images, de ski et de neige : quel trick adoriez-vous faire il y a 10 ans et que préférez-vous faire aujourd'hui sur vos skis ? 
Loris : Je n’ai jamais été bon en trick ;-) Par contre je continue à apprécier les sauts de barres rocheuses !

Si vous deviez sélectionner un seul film à nous montrer de la dizaine réalisée depuis vos débuts, lequel serait-ce ?
Loris : Je pense que le film A Secret Spot est un de mes films préférés. Pas pour les performances ou l’originalité, mais justement parce qu’il dévoile au public un peu plus qui nous sommes, comment nous travaillons et d’où nous venons. C’est le plus humain de tous nos films.

Vous avez beaucoup mis en avant les Marécottes (peut-être un peu trop, maintenant on doit faire une jolie file d'attente au départ des télécabines...). On profite d'un restaurant rénové très design et d'un télésiège débrayable de 4 places depuis 2013, un babylift est en fonction depuis quelques jours (enfin !). Avez-vous des idées pour faire évoluer cette station que vous appréciez tant ?
Loris : Faudrait y réfléchir sérieusement, mais pour l’instant je vois pas trop. Les Marécottes sont devenus une capitale mondiale du freeride tout en restant une station familiale, très amicale et joviale. Pourvu que ça dure !

Un mot sur votre futur à moyen terme, les projets à venir ?
Loris : Je travaille avec mon frère sur un projet d’épisode pour le web appelé Trip. Les conditions d’enneigement catastrophique de ce début de saison et le danger d’avalanche omniprésent ont passablement modifié nos plans. Nous allons nous rendre au Japon pour le mois de février et peut-être au Caucase en mars. Vous pouvez nous suivre sur Facebook !

Que pensez-vous de Papapio.com ?
Loris : Je dois avouer que je ne connaissais pas avant cet interview. Mais l’idée de la plateforme Papapio.com me plaît ! Pour une fois qu’un média est consacré aux papas et pas uniquement aux mamans ;-) Je vous souhaite longue vie !



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