Top 3 - Régions des lecteurs : Genève, Lausanne, Zurich
x

jeudi 10 octobre 2013

Le Papapio du mois : Jacques Perrin

"Le bon vin et l'amour font passer d'heureux jours." Ce dicton accompagne à merveille cette période qui est synonyme de temps des vendanges. Cette année 2013 n'est pas facile pour les vignerons mais c'est dans la difficulté que les meilleurs se démarquent, n'est-ce pas ? Parlons-en avec Jacques Perrin, œnologue philosophe, membre du Grand Jury Européen et devenu une référence internationale.

 
Photo : Jacques Perrin accompagné de sa fille cadette Saskia.

Question famille, quelle a été votre dernière fierté concernant vos "grandes" filles ?
Jacques : Mes filles sont passionnées par ce qu’elles font. Elles sont en train de terminer leurs études, l’une à Barcelone en Sciences politiques et sociales et l’autre à Genève à l’Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement. Elles savent que c’est un privilège que de pouvoir étudier et je suis fier de leur ouverture sur le monde.

Quelle période a été la plus compliquée dans l'éducation de vos enfants ?
Jacques : Il n’y a pas eu de période particulièrement compliquée. L’éducation ne consiste pas à suivre une voie toute tracée. C’est une source vive, un ruisseau, avec ses caprices, ses méandres, sa liberté.

Vous êtes membre permanent du Grand Jury Européen et faites partie des meilleurs dégustateurs de votre génération mais vous n'oubliez pas de tendre une main bienveillante à tous les novices. Est-ce l'influence du philosophe qui est en vous ?
Jacques : Je pense que nous avons la chance de vivre dans un monde ouvert, pluriel. Dans mon métier, celui du vin, nous sommes des passeurs d’émotions. C’est notre vocation et celle-ci comporte une dimension pédagogique. Accéder au monde des grands vins a un petit côté initiatique. C’est notre Graal contemporain.

Vous avez fondé le Club des Amateurs de Vins Exquis (CAVE SA) qui va fêter ses 30 ans en 2014 avec un shop qui compte près de 3000 références de très bons vins et plus de 7000 membres. Un mot sur cette formidable aventure ?
Jacques : Cette aventure est le résultat d’une série de rencontres, de hasards et d’une forme de nécessité intérieure. Avec beaucoup de passion, d’énergie et des gens qui partagent le même idéal que vous, on soulèverait presque les montagnes.

Nous entrons dans la période des vendanges. Quel climat règne-t-il dans la communauté des vignerons ?
Jacques : 2013 est une année à haut risque. Le printemps a été très difficile, la floraison irrégulière. Plusieurs épisodes de grêle ont dévasté certains vignobles. En Suisse et en France. Les vendanges commencent à peine (le 4 octobre), car nous sommes dans un millésime tardif. On croise les doigts pour que la pluie cesse : Stop the rain ! Les réussites de ce millésime seront des enfants du miracle ! Une chose est sûre. Il y en aura. Les grands vignerons aiment, sans se l’avouer, ces millésimes difficiles, il faut se battre avec les éléments, composer avec les aléas de la nature et donner toute la mesure de leur talent.

Vous avez un blog depuis plus de sept ans, êtes présent sur les réseaux sociaux depuis fin 2009 et maniez parfaitement le marketing de contenu au service du C.A.V.E. et de l'univers du vin. Êtes-vous un épicurien qui s'adapte sans cesse aux nouvelles technologies ?
Jacques : Je suis fasciné par les nouvelles technologies, par l’espace de communication qu’elles ouvrent, par la modification qu’elles opèrent au niveau des relations interindividuelles. Je reste en même temps sceptique car ces nouvelles technologies, prises comme but et non comme moyens, risquent de nous éloigner du réel.

Si vous deviez passer les prochains mois en compagnie de trois vins suisses lesquels choisiriez-vous ?
Jacques : Je choisirais un Clos du Brez de mon ami Raymond Paccot à Féchy, pour son côté cristallin, digeste, très pur, un Pinot Noir Les Chanez 2010 de Jacques Tatasciore à Cressier parce que je pense que c’est tout simplement le plus grand pinot produit en Suisse et je terminerais avec l’Ambre du sorcier Christophe Abbet à Martigny, vrai vigneron inspiré.

Que pensez-vous de Papapio.com ?
Jacques : J’avoue que je ne connaissais pas le site. Je l’ai parcouru avec intérêt. Papapio.com est plein d’infos intéressantes, présentées d’une façon alerte et ludique ! Bravo. Continuez le combat. On ne naît pas papa, on le devient. Comme le reste.

Aucun commentaire :

Publier un commentaire